Les grenats sont connus comme pierre fine depuis l’antiquité. De part leur
éclat et leurs couleurs qui couvrent la quasi-totalité de l’arc en ciel, les
grenats offrent une palette de nuances et de beauté quasi incomparable.
De surcroît, ils sont abondants partout dans le monde. En France, ils sont
répertoriés sur la quasi-totalité du territoire, hormis les grands domaines
sédimentaires : dans les zones d’obduction et de rodingites alpines et corses,
dans les roches métamorphiques du Finistère ou des Maures, dans les skarns
pyrénéens, dans les éclogites d’Armorique, ou encore dans les pegmatites
limousines.... Ils offrent au minéralogiste amateur que je suis, des
perspectives de sorties sur le terrain très nombreuses et d’incomparables sources
de plaisir.
Minéraux aux propriétés souvent bien établies, de compositions chimiques
relativement simples, ils sont utilisés comme géothermobaromètres, car ils sont
les indices, mieux, les témoins, des conditions géologiques sous lesquelles
leurs roches environnantes se sont formées. C’est ainsi qu’ils sont parmi les
principaux minéraux indicateurs de la présence de diamants (pyropes et
majorites)
Alors, que dire, quand à partir des études bibliographiques et des
observations des grenats récoltés sur site, l’histoire géologique des 500
derniers millions d’années de la France se dévoile.
Les grenats sont des minéraux qui devraient rassembler davantage de
personnes autour des centres d’intérêts qu’ils procurent, comme éléments
fédérateurs entre les passionnés de minéralogie, plus attirés par la beauté
d’une pièce et le plaisir de la découverte, et les géologues, plus puristes,
scientifiques, dont le but est davantage
la compréhension de mécanismes, bref entre ceux qui prennent plaisir à
découvrir ce qu’est notre Terre et ceux qui prennent plaisir à découvrir d’où
vient notre Terre.
Alain Abreal, le 21
septembre 2010
Les grenats sont connus depuis très longtemps
puisque Théophraste (v372 –v287 av JC) l’avait déjà dénommé anthrax=charbon. Puis, il fut décrit par Pline l’ancien,
naturaliste du début de notre ère (23-79 après JC) qui dénomma le grenat
almandin carbunculus = charbon ardent, en corrélation avec sa couleur
la plus répandue.
Le nom
« grenat » est quant à lui plus récent puisqu’il date de 1270. Il fut utilisé pour la première fois par le théologien et philosophe
allemand Albert
le Grand (1193-1280) qui l’aurait ainsi nommé soit à partir du nom
latin malum
granatum= pomme à grains= grenade, pour
sa couleur, soit à partir de granum =
grain pour sa forme.
Les grenats sont des solutions solides de pôles limites
définis par leur composition X3Y2 [SiO4]3
du groupe cristallographique 4/m32/m du système cubique.
Les grenats
« purs » ou pôles limites sont définis par leur composition chimique
X3Y2 [SiO4]3 avec :
X : élément de degré d’oxydation
+II, en site octaédrique de coordinence 6 : Mg, Fe2+ ou Ca
Y :
élément de degré d’oxydation +III, en site pseudo-cubique de coordinence
8 : Fe3+, Al, Cr voire Zr (grenat kimzeyite) ou V (grenat
goldmanite).
[SiO4] : avec Si en site tétraédrique de
coordinence 4
Tous les sommets de ces volumes géométriques étant
occupés par des atomes d’oxygène.
On définit ainsi toute une famille de minéraux que l’on décompose en
fonction de ces éléments. Les Anglo-saxons, depuis Winchell en 1933, préfèrent décomposer la famille des grenats à
partir des éléments bivalents. Ils parlent ainsi de grenats du groupe Ugrandite, pour uvarovite (u),
grossulaire (gr) et andradite (and) dont l’élément bivalent est le calcium, et
du groupe Pyralspite, pour pyrope (pyr), almandin (al) et spessartine
(sp) dont l’élément bivalent n’est pas le calcium.
En France, la distinction s’effectue plutôt sur
l’élément trivalent Al, Fe3+, V ou Cr.
Al PYROPE Mg3Al2
[SiO4]3
ALMANDIN Fe3Al2
[SiO4]3
SPESSARTINE Mn3Al2
[SiO4]3
GROSSULAIRE Ca3Al2 [SiO4]3
DEMANTOÏDE Ca3Al2 [SiO4]3
HESSONITE Ca3Al2
[SiO4]3
Fe ANDRADITE Ca3Fe2
[SiO4]3
CALDERITE Mn3Fe2
[SiO4]3
MAJORITE Mg3(Fe,
Si) 2[SiO4]3 (découverte dans une météorite)
SCIAGITE Fe3Fe2 [SiO4]3
Cr UVAROVITE Ca3Cr2
[SiO4]3
KNORRINGITE (Ca,Mg)3Cr2
[SiO4]3
V GOLDMANITE Ca3V2
[SiO4]3
Zr KIMZEYITE Ca3Zr2
[Al2SiO12]
On peut également citer quelques grenats hydratés qui ne répondent pas
exactement à la formule des grenats bien que voisins : des groupements
hydroxyles OH viennent partiellement remplacer les groupements SiO4
dans la structure du grenat grossulaire.
Hydrogrossulaire: Ca3Al2(SiO4)3-x(OH)4x
dont Hibschite :
Ca3Al2(SiO4)3-x(OH)4x
(avec x entre 0,2 et 1,5)
Katoite : Ca3Al2(SiO4)3-x(OH)4x
(avec x > 1,5)
Morimotoite : Ca3Ti4+Fe2+(SiO4)3
Schorlomite : Ca3(Ti4+,Fe3+)2[(Si,Ti)O4]3
Les
silicates sont les éléments principaux de l’écorce terrestre. Pour les
distinguer, trois catégories ont été créées : les silicates des roches
acides (feldspaths, micas, sphènes, tourmaline, béryl, zircon), les silicates
des roches basiques (pyroxènes, amphiboles, péridots, zéolites) et les
silicates de métamorphisme dont font parties les grenats (même si on trouve des
grenats dans certaines pegmatites).
Les silicates de transformation métamorphique se
distinguent également en fonction de leur teneur en aluminium et en eau ou
hydroxyles :
-
silicates d’alumine :
- anhydres ou
peu hydratés :
andalousite, disthène
- hydratés : argile
-
silicates non exclusivement alumineux :
- anhydres ou peu hydratés : grenats,
- hydratés : chlorites, serpentine
Les grenats sont donc des
silicates et plus précisément, des nésosilicates, du
grec nesoz (île), car ils sont formés de tétraèdres [SiO4]
isolés, non reliés entre eux.
C’est MENZER en 1926,
qui définit le premier la structure du grossulaire. Trois ans plus tard,
il établit que les deux groupes de grenats, les pyralspites et les ugrandites
sont isostructuraux du grossulaire.
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Figure 1 : Structure des grenats en 3D et selon la projection selon un axe
A4
Les grenats sont des minéraux isomorphes, du groupe 4/m32/m
du système cubique, avec des formes dérivées en dodécaèdre rhomboïdal (ou rhombododécaèdre) (surtout dans les roches
métamorphiques) et trapézoèdre : Tétragonotrioctaèdre
(plutôt dans les pegmatites).
Aucun clivage n’a été observé.
Rhombododécaèdre {110} dit « grenatoèdre » Tétragonotrioctaèdre {211}
Combinaisons de {110} et {211}
Figure 2 : Principales formes des cristaux de grenats (logiciel faces)
La structure des grenats est donc constituée par des octaèdres et des
tétraèdres dans une structure cubique dans laquelle, tous les oxygènes sont identiques, chacun étant à la fois
un sommet d’un octaèdre et d’un tétraèdre.
La maille est de dimension très importante puisque chaque
maille contient pas moins de 96 oxygènes.
Il est amusant de
rappeler que Haüy a démontré par le
calcul que la forme dodécaèdre du grenat était la même que l'alvéole des
abeilles et que le grand angle de chaque rhombe était de 109,28'16" ce
qui, a capacité égale, donne la plus petite surface possible.
Les minéraux sont des composés chimiques plus
ou moins complexes qui se présentent selon des structures cristallines
précises. La complexité des compositions chimiques provient notamment de
l’existence de substitutions d’éléments par d’autres, dans la maille du
cristal. En raison de ces variations de composition, les minéraux sont souvent
désignés, sous le nom de groupe, représentatifs des solutions solides
cristallines entre minéraux limites : on parle donc de groupe des
amphiboles, des pyroxènes, des tourmalines ou encore des grenats.
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Figure 3 : Grenatoèdre : briques élémentaires
La cristallisation
des grenats est due à l’assemblage de micro rhomboèdres.
Tétragonotrioctaèdre composé de micro
rhomboèdres - Hessonite du Pakistan (1,5 mm)
Dans tout cet exposé, nous entendrons par minéral limite,
ou pôle minéral, un minéral pur qui représente un pôle du diagramme binaire,
ternaire, ou quaternaire, d’une famille de composés. Ainsi les
pyrope, almandin et spessartine sont les pôles ou minéraux limites des grenats
Pyralspites ; hédenbergite et diopside sont les minéraux limites où pôles
des pyroxènes de compositions (Fe, Mg) SiO3.
Les grenats sont définis à partir de la formule X3Y2
[SiO4]3 et de la structure qui lui est associée.
Toutefois, les cations X et Y peuvent représenter différents éléments. De
surcroît, ces éléments peuvent se substituer les
uns aux autres.
La composition d’un minéral naturel grenat n’est quasiment jamais
pure ; très souvent, il s’agit en fait d’un mélange local de plusieurs grenats.
Ainsi par exemple un grenat de la famille pyralspite aura en fait la
composition x % d’almandin + y% de pyrope + z% de spessartine, avec x+y+z=100.
La formule des grenats peut être écrite sous la forme X3A
Y2M Z3T O12 avec X = (Ca, Fe2+),
Y =(Al, Fe3+) et Z = Si ; les exposants décrivant les sites dans la
maille, les indices indiquant le nombre d'atomes sur ces emplacements
respectifs.
Dans ce système, il y a quatre pôles ou minéraux limites :
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Minéral limite |
Site A |
Site M |
Site T |
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almandin grossulaire skiagite andradite |
Fe32+ Ca3 Fe32+ Ca3 |
Al2 Al2 Fe23+ Fe23+ |
Si3 Si3 Si3 Si3 |
O12 O12 O12 O12 |
Un élément en
faible concentration dans la source primitive (magma, fluide hydrothermal…) ne
pourra pas donner un minéral en propre du fait de sa forte dilution ou
dispersion. Selon ses affinités avec le milieu, soit il donnera des inclusions,
soit il prendra place dans le réseau d’un minéral majeur, en tant qu’élément de
substitution.
Cette affinité est
directement corrélée à la taille des ions et à leur charge électronique. GOLDSCHMIDT a émis quatre lois empiriques qui décrivent la possibilité de
substitution d’un élément par un autre, celles-ci
remises à jour donnent comme indications :
Loi
1 : un élément mineur peut se
substituer à un élément majeur si leurs rayons ioniques ne diffèrent pas de plus de 15% par rapport au plus
petit.
Loi
2 : des ions dont les charges
électriques diffèrent d’une unité peuvent se substituer si leurs rayons sont équivalents. Si la différence de charge
est supérieure à 1, la substitution est alors peu fréquente.
Loi
3 : Si deux ions sont susceptibles
d’occuper la même position dans une structure cristalline, le plus petit et/ou
celui qui a la charge la plus élevée
l’emportera, car les forces de Van de Walls seront alors plus
importantes.
Loi
4 : En revanche, si les liaisons
sont de nature covalente, certaines substitutions autorisées par les lois
précédentes peuvent ne pas être vérifiées (s’il n’y a pas concordance des
orbitales atomiques).
Ainsi, d’après les lois de GOLDSCHMIT, il y a possibilité de
remplacement ou de substitution isomorphe (ou diadochique) d’un ion par un
autre si leurs valences électrostatiques sont identiques et si les rayons ioniques de ces ions ne diffèrent pas de
plus de 15%.
Par exemple, en ce qui concerne le fer et le magnésium, la forstérite
Mg2SiO4 et la fayolite Fe2SiO4 sont
isomorphes.
De même, nous pouvons rencontrer dans de nombreux minéraux, en
particulier dans les amphiboles, les symboles
(Mg, Fe) et (Al, Fe), qui signifient qu’il y a substitution du magnésium Mg2+ par
le fer ferreux Fe2+ dans le premier cas et de l’aluminium Al3+
par le fer ferrique Fe3+ dans le second.
Le magnésium
Mg2+ et le fer Fe3+ peuvent également se substituer, en accord avec la deuxième
loi de Goldschmidt. Du fait de leurs tailles
très voisines, et ce malgré leur différence de charge qui est neutralisée par
ailleurs, par la présence d’autres éléments ou de défauts. Une épidote sera
plutôt verte si le magnésium est remplacé par du fer ferreux Fe2+ et
plutôt brune si il est remplacé par du fer ferrique, Fe3+.
Dans le cas des grenats, cette substitution peut intervenir sur les
deux types de cations X2+ et Y3+. Conformément à la loi
de Goldschmidt, cette substitution est corrélée aux rayons des ions présents
dans les grenats.
La gamme de
composition dans laquelle un minéral est stable peut être considérée comme une
fonction de la géométrie et de la taille des sites atomiques (ou ioniques) dans
la structure du cristal. Alternativement, ces facteurs dépendent fortement des
interactions énergétiques entre les charges des cations et des atomes
impliqués. Ces interactions énergétiques dirigent les forces de liaison et
peuvent varier avec la pression et la température.
Par exemple, une augmentation de température peut conduire à une
expansion significative du volume de sites où des cations métalliques sont liés
par des liaisons métal-oxygène-métal (M-O-M) ; des cations de grande
dimension peuvent alors pénétrer dans ces emplacements et, aux températures
élevées, former ainsi des solutions solides totales.
Les liaisons Si-O-Si, comme il en existe beaucoup dans les roches
constituées de minéraux silicatés, sont énergiquement plus fortes que les
liaisons M-O-M (Putnis 1992). Par conséquent, la taille du tétraèdre SiO4
ne varie guère lorsque la température augmente. Or, dans beaucoup de minéraux
silicatés, l'aluminium peut remplacer le silicium dans les sites tétraédriques,
formant alors des liaisons Al-O-Al. Comme ces liaisons ont une énergie encore
plus élevée que les liaisons Al-O-Si (Putnis 1992), l’existence de tétraèdres
[AlO4] est donc énergiquement défavorisée, avec comme conséquence,
la formation de liaisons …-Al-O-Si-O-Al-O-Si-… comme par exemple dans
l’anorthite (Laves et Orfèvre 1955). Ce
comportement est connu sous le nom "d’éviction de l'aluminium" ou
principe d’éviction de l'Al (Loewenstein 1954), parce qu’il décrit
l’impossibilité énergétique d’existence de tétraèdre [AlO4] voisin,
et car il est la cause du comportement d’agencement Si-Al dans nombre de
silicates.
Dans de nombreux cristaux de
coordinence polyédrique, il y a corrélation entre la pression et la température
d’une part, et la taille des sites dans la maille d’autre part, à ceci près
qu’une augmentation de température a un effet similaire à une diminution de
pression, et vice versa. Ainsi pour une solution solide entre le grossulaire et
le pyrope, sous de faibles pressions, les sites A de coordinence 8 sont
légèrement trop larges pour accueillir les cations Mg2+ (0.97 Å en coordinence 8) et sont
donc principalement occupés par des cations Ca2+ de dimension
supérieure (1,2 Å). Sous des pressions plus élevées, ces sites rétrécissent de
sorte qu’il y a alors occupation préférentielle par Mg2+, expliquant
ainsi la préséance du pyrope comme phase haute pression des grenats.
Les tailles des cations
peuvent également avoir une implication profonde sur le domaine de stabilité de
la solution solide. La substitution d'un grand cation comme Ca2+ par
de plus petits cations tels Fe2+ ou Mg2+ cause une
modification des longueurs de liaisons entre les atomes voisins, pouvant aller
jusqu’à un affaiblissement des liaisons M-O-M et à une déformation ou une
expansion des sites dans le réseau. Dans ce contexte, Putnis (1992) a précisé
qu'une substitution de Ca2+ (1,20 Å) par Ni2+ (0,77 Å)
dans l'olivine a le même effet structural qu’une augmentation de la température
de 20 à 1000°C. Toutefois, des substitutions impliquant des cations avec de
telles différences de tailles ne peuvent se produire que si la structure du
cristal peut compenser les efforts de contrainte associés à une substitution si
"difficile".
Généralement, une élévation de la température facilite l'incorporation
de cations de plus large rayon dans le réseau cristallin, augmentant de ce fait
le domaine de stabilité d’une solution solide : conclusion confirmée par
les observations qui ont démontré que les solutions solides totales pouvaient
intervenir à haute température, même si des défauts de miscibilité apparaissent
dans ces minéraux à plus basses températures, comme par exemple dans les
pyroxènes, les feldspaths, les micas, etc...
Il convient de noter que l’expression de soluté est réservée pour des
phases coexistantes de même groupe de symétrie spatiale.
La géométrie globale d'une
structure cristalline peut également diriger des substitutions de cations.
Prenons une solution solide de grenats avec Mg2+ (0,97 Å), Fe2+
(0.86 Å), Ca2+ (1,20 Å) et Mn2+ (1,01 Å) en sites
octaédriques A, et Al3+ (0,61 Å), Fe3+ (0,73 Å) et Cr3+(0,70
Å) en substitutions sur les sites tétraédriques M. La structure du grenat est
une succession de tétraèdres [SiO4] et d’octaèdres [MO6],
reliés par des sommets communs et formant des pseudo-cubes déformés [AO8]
de coordinence 8. L'arrangement spatial des différents types de polyèdres forme
une structure tridimensionnelle complexe. En raison des faibles différences de
taille des cations bivalents, il doit y avoir une très bonne miscibilité entre
les grenats pyralspites ; de même pour les grenats du groupe ugrandite par
la similitude de taille entre les cations trivalents. Les observations sur les
grenats naturels confirment ces prévisions.
En outre, il était prévu que des substitutions entre le grossulaire et
les pyralspites (almandin et pyrope), soient très limitées ; ce qui n’est
toutefois pas confirmé par les observations. Cette anomalie entre la prévision
et l'observation s’explique en considérant la complexité de la structure des
grenats. Dans cette structure, le tétraèdre [SiO4] peut pivoter dans
l'espace dans une certaine mesure, accroissant ainsi la taille des sites A et
compensant les efforts de contrainte occasionnés par la substitution (Fe, Mg)
Ca-1 (Putnis 1992). Aussi peut-on trouver très aisément dans les conditions
PT de faciès des amphibolites, des solutions solides totales entre grossulaire,
almandin et pyrope.
Nous pouvons déduire de cet exemple qu’en plus de la
température de la pression d’une part, et de la taille des cations d’autre
part, la géométrie de la structure cristalline a également un impact important
sur le phénomène de substitutions dans un minéral. Les structures cristallines
les plus complexes sont généralement plus flexibles que les arrangements
géométriques simples pour compenser les contraintes liées à une substitution
"difficile". Par exemple, l’importance de
la substitution Cam-1 entre la chaux CaO, et le périclase MgO, est très
limitée, mais est plus importante entre la calcite et la magnésite et est, à
température élevée, presque totale entre le grossulaire et le pyrope.
En général, des températures élevées et/ou des structures cristallines
complexes augmentent sensiblement la possibilité de former des solutions
solides totales. Réciproquement, à basse température, les minéraux présentent
des domaines de non-miscibilité ou non solution qui conduisent à la coexistence
de plusieurs phases basses températures. Ces processus dépendent de
l'interaction énergétique entre les atomes et les cations dans la structure
cristalline.
Reprenons la loi de Goldschmidt et appliquons-la aux ions présents dans
les grenats :
Les rayons ioniques des
principaux ions présents dans les silicates sont :
- Rayons ioniques des cations : O2- : 1,40 Å
(1Å = 10-10 m)
-
Rayons ioniques des anions : K+ : 1,33
Å
Ca2+ : 0,99
Å, Na+ : 0,95 Å
Mg2+ :
0,65 Å Fe2+ : 0,74 Å Mn2+ : 0,80 Å
Al3+ :
0,50 Å Fe3+ : 0,67 Å
Si4+ : 0,41
Å
A partir des valeurs des rayons ioniques des principaux éléments des
grenats, il apparaît 2 groupes distincts de cations dont les rayons ioniques et
par conséquent les volumes sont voisins et inférieurs aux 15% limites de la loi
de Goldschmidt : Ca-Na, Fe-Mg puis Al et Si.
Il convient d’imaginer comment ces anions oxygène peuvent
s’organiser en coordinence autour de ces cations en fonction de leur volume et
de leur charge électrostatique :
-
Mg2+, Fe2+, Fe3+, Mn2+,
Al3+ et Ti4+ sont préférentiellement en coordinence
octaédrique, reliés à 6 anions oxygène O2-.
-
En outre, de par sa petite taille, Al3+, peut
également être en position tétraédrique.
-
Si4+ n’est présent que dans des sites
tétraédriques.
-
Les cations Ca2+ et Na+, nettement
plus volumineux, sont plutôt présents dans des sites cubiques, entourés par 8
atomes d’oxygène.
Ainsi, on
retrouve la description des silicates et des grenats en particulier. A savoir
qu’ils sont formés de tétraèdres SiO4, d’octaèdres XO6
avec X=Mg2+ou Fe2+ pour les grenats pyralspite et Ca2+
pour les grenats ugrandite, et de tétraèdres YO4 avec Y=Al3+,
Fe3+ ou Cr3
K Ca Mg Al Si O
Na Fe O Ca Na Fe++ Mg Al Si K
Figure 4 : Représentation schématique des dimensions respectives des principaux
ions présents dans les silicates.
Mais le passage continue entre un grenat pyralspite et un grenat
ugrandite est difficile car la déformation locale engendrée par la présence
dans des sites équivalents de deux ions de dimensions trop différentes ( Ca d’une
part et, Mg ou Fe2+ d’autre part) s’accompagne de contraintes trop
importantes, sauf dans le cas des grenats malais (solution solide de
spessartine et de pyrope, qui renferme un peu de grossulaire).
Le nom donné
au grenat, qui n’est donc en fait qu’une solution solide de plusieurs grenats
appartenant à un même groupe, est celui du grenat limite du domaine de
substitution dont la concentration dans le grenat naturel est la plus
importante.
Voici quelques exemples de grenats naturels particuliers : le grenat
rhodolite dont la couleur varie du rose rouge au pourpre a une composition
moyenne de 2 :1 entre le pyrope et l’almandin. De même, le grenat malais
dont la couleur varie du jaune, à l’orange et au rouge, a une composition
intermédiaire entre le spessartine et le pyrope, et la particularité de
renfermer également un peu de grossulaire.
C’est ainsi que la distinction groupe pyralspite - groupe ugrandite prend toute sa
signification. Un grenat naturel de type pyralspite par exemple, aura presque
toujours une composition ternaire entre les trois pôles pyrope, almandin et
spessartine, avec des proportions de Fe et Mg non nulles et possibilité d’avoir
également du manganèse Mn. On parle de solution solide des composés limites du
diagramme ternaire.
Figure 5 : Présentation des deux groupes de substitution des grenats
La caldérite, bien que n’appartenant pas au
groupe pyralspite car ne contenant pas d’aluminium a été rajoutée
Les solutions
solides de grenats sont thermodynamiquement instables. Il y a naturellement
rééquilibrage des concentrations en les différents éélments chimiques par
diffusion à l’état solide. Néanmoins, comme cette diffusion n’est que très
lente aux basse stempératures (T < 400 C°), il n’y a pas vraiment
d’homogénéisation, même pour des grenats de plusieurs millions d’années.
Ainsi trouvons-nous de nos joursdes grenats zonés dont les
ananlyses, révélant les modifications de composition ou de conditions physiques
de pression et de température P-T de leur roche mère.
Ce n’est qu’aux hautes températures, du faciès des
granulites ou des éclogites que les grenats tendent vers des compositions
homogènes.
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Photo 1 : Hessonite, val di ala, Piémont Photo
2 :
Uvarovite, Russie Photo 3 : Grossulaire, Namibie Photo 4 : grossulaire |
Photo 5 : Hessonite, val di ala, Piémont Photo 6 : Hessonite, Asbestos, Canada Photo 7 : Tsavorite,
Afghanistan Photo 8 : Grossulaire, Mali |
Dureté : 6,5-7,5
Densité :
3,4 – 4,3
Classe : nésosilicates
Système
cristallin : cubique 4/m ba3 2/m
Habitus : habituellement rhombododécaèdres, Tétragonotrioctaèdre, ou
combinaison de ces deux formes. Plus rarement hexaoctaèdres.
également
massive ou en grains fins
Indice de
réfraction : 1,72-1,94
Biréfringence : 0,000-0,005
Pléochroïsme :
non
Couleur : toutes sauf le bleu, selon
les variétés.
Eclat : vitreux à résineux,
possibilité de chatoiement dû à la présence de fines
inclusions de pyroxènes ou d’amphibole.
existence de grenats étoilés, essentiellement à 4
branches.
Transparence :
transparent à
opaque
Clivage : aucun
Fracture : conchoïdale, parfois
fragile
Trait : blanc
Figure
6 : Densité de différents grenats et un exemple
d’hydrogrenat
Il existe plusieurs relations empiriques qui
permettent de calculer le paramètre de maille a d’un grenat en fonction des
éléments qui le constituent : Voici celle de Mac Cornell :
a (Å) = 9,9 + 1,212 r(X) + 1,464 r(Y)
où r(X) et r(Y) sont les rayons ioniques des cations X et Y ;
Toutefois, ces formules ne sont valables que pour des grenats purs,
limites des domaines de substitution, et ne peuvent donc être qu’indicatives.
Figure 7 : Paramètre de maille du système cubique pour différents grenats
Les grenats ont des indices de réfraction
élevés qui leur confèrent un éclat très chatoyant les faisant souvent utilisés
en joaillerie
Figure 8 : Indices de réfraction des
principales variétés de grenats.
Pendant de longues années, la reconnaissance
des différents spécimens découverts a été effectuée par
des méthodes de mesure de masse spécifique, puisque le volume de la maille et sa masse dépendent
de la composition du type de grenat.
Cependant, ces méthodes étaient entachées d’erreurs dues, d’une part
aux faibles différences de densités entre les grenats, mais surtout au fait que
les grenats naturels ne sont pas purs et parce qu’ils possèdent souvent des
inclusions qui viennent fausser les mesures.
Aujourd’hui, hormis les analyses chimiques, les
meilleures méthodes d’identification effectuées sur les grenats gemmes sont
d’origine optique : par étude des spectres d’absorption, des mesures
d’indices de réfraction et la comparaison des couleurs.
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Photo 9 : Fluorine sur spessartine, Tonghein, Chine |
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Photo 10 : Spessartine,
tourmaline et albite, Pakistan |
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Photo 11 : Uvarovite, Russie |
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Les grenats sont très souvent associés dans l’esprit
des gens au métamorphisme dû à un accroissement de pression. Il est vrai que
les mécanismes de collision, en particulier dans les séquences pélitiques, sont
une source de micaschistes à grenat très fréquentes en France.
Cependant, il
est très restrictif de se limiter à la seule influence de la pression sur la
formation des grenats. Pour s’en persuader, il suffit de considérer les
différents types de genèse des grenats, pour se persuader de la complexité des
mécanismes et des facteurs qui peuvent les influencer. Ainsi, le métamorphisme
régional, avec augmentation de pression, n’est pas la seule cause de formation
des grenats. Ceux-ci peuvent apparaître sous des pressions faibles à modérés,
par augmentation de température (métamorphisme de contact et métasomatose dans
des skarns), par cristallisation de roches magmatiques, granites et pegmatites
où ce sont les concentrations qui sont les moteurs essentielles de la
cristallisation des grenats, ou bien même par dépôt de fumerolles, sous la
pression atmosphérique.
Par
conséquent, ce paragraphe ne va présenter que des généralités, et je vous
renvoie dans les descriptifs de la pétrologie de chacun des sites détaillés
dans mon livre, pour avoir plus de précision sur les paramètres
physico-chimiques de la genèse des grenats.
Il apparaît dans ce récapitulatif des différentes
genèses des grenats que ces derniers peuvent avoir des origines très variées ;
on a même identifié de l’andradite dans la météorite Allende, une chondrite carbonatée qui serait l’une des
roches les plus anciennes du système solaire, son âge étant estimé à 4,5
milliards d’années.
Toutefois, ils
ne peuvent se former que si certaines conditions de composition chimique de la
roche mère et autre conditions thermodynamiques sont bien remplis [A. MIASHIRO]
(température, pression, fugacité de l’oxygène), pour promouvoir leur formation.
Compte tenue
de la grande diversité de leurs types de genèses, ses différentes conditions ne
sont guère restrictives, de sorte que les grenats peuvent se former sous des domaines
de conditions PT très larges.
Ainsi, les
grenats ont été identifiés sous des conditions de pression allant de la pression atmosphérique pour les
fumeroles de Menet, à des pressions de plusieurs GPa (1,8 GPa = 65 km pour les
éclogites de l’ile de Groix).
Le domaine de
température d’existence des grenats est aussi très large, mais il est toutefois
corrélé à la pression. Sous de faibles pressions les grenats almandins vont se
transformer en staurotide si la température dépasse 500°C (séquence
métapélitique).
En revanche,
pour des pressions plus élevées, les grenats vont être stabilisés sur un très large
domaine de température, couvrant la quasi totalité du domaine de température de
300°C à l’anatexie.
Pour les températures
les plus basses, il ne semble y avoir qu’une limite informelle due aux
cinétiques. En deçà de 300°C, il n’y a plus de phénomènes hydrothermaux
capables de dissoudre les métaux formateurs des grenats pour aller les
concentrer dans une zone où les grenats pourraient cristalliser, et les
mécanismes de diffusion et de cristallisation étant accélérés par l’énergie thermique, ou plus simplement par
la température, ils sont fortement ralentis, voire stoppés si la température
est trop basse.
En ce qui concerne
la limite haute du domaine d’existence des grenats, elle semble n’être autre
que la courbe des solidus des roches mères.
En revanche, la
composition du grenat, ou plus exactement sa zonation, c’est-à-dire sa
composition en fonction de la position entre le cœur et la surface d’un cristal, ont tendance à
évoluer lorsque les conditions, de pression notamment, évoluent pendant la
cristallisation du grenat. Ainsi, si les conditions de fugacité de l’oxygène ne
viennent pas influencer les mécanismes de cristallisation des grenats, ceux-ci
ont tendance à avoir des compositions locales qui évoluent du cœur vers la
surface d’une composition riche en pôle spessartine, puis en pôle almandin, et
enfin en pôle pyrope, si la pression s’est accentué au cours de la
cristallisation.
Ainsi, dans
les grenatites de Bournac, extraites d’un ancien volcan, on trouve des grenats
de haute pression, pyropes, partiellement fondus.
|
|
Figure 9 : Menet
(15) : Grenats de fumerolles d’après
Pierre Thomas Ces
grenats se sont développés le long de fissures parcourant le dôme trachytique
de Menet. De la vapeur d'eau surchauffée, chargée de CO2 et autres gaz,
contenait des ions SiO4 4-, Ca2+, Mn2+,
Fe2+ ... La
baisse de température près de la surface a entrainé le dépôt d'oxydes et de
silicates divers le long des fractures, dont ces grenats manganésifères
(spessartine, hanleite). |
Habituellement,
les grenats (magmatiques ou métamorphiques) cristallisent dans les 3 dimensions
de l'espace. Ces grenats hydrothermaux de Menet n'ont pu se développer que dans
2 dimensions (celles de la fracture) et ont donc la forme de plaquette
hexagonale (la plus grande section d'un rhombododécaèdre est un hexagone).
|
Processus |
Groupe de roche |
Grenat |
Exemple |
|
|
Magmatiques |
ultrabasiques |
péridotite |
uvarovite |
Russie |
|
acides |
Granodiorite granite |
almandin |
St Jacut
(22) Caladroi (64) |
|
|
Alcalines |
Kimberlite |
pyrope |
Afrique du
sud |
|
|
Pegmatitiques |
acide |
granite |
Spessartine |
Madagascar,
Brésil, Chine |
|
hydrothermaux |
Basiques à
ultrabasiques |
|
mélanite |
Mali |
|
Post
volcaniques |
Fumerolles
sur trachytes |
|
|
Menet (15) |
|
Métamorphisme
de contact, Métasomatose post
magmatiques MT-BP |
Calco-magnésiens |
skarn |
Grossulaire,
andradite |
Costabonne
(65) |
|
Schiste,
grès |
cornéennes |
Almandin,
andradite, sciagite |
Flamanville
(50) |
|
|
Métasomatose
post obduction MT-BP |
Basiques à
ultra basiques |
amphibolites |
|
Asbestos
(Canada), Val d’Ala (Italie) |
|
Métamorphisme
régional Métamorphisme
de collision |
Acide,
pélitiques |
Micaschistes |
Almandin,
pyrope, rhodolite |
Le Conquet
(29) Massif des
Maures (83), Bas limousin
(86), Deux -Sèvres (79) |
|
Faciès des
schistes bleus BT-MP |
Spessartine,
almandin |
|
||
|
Faciès des
amphibolites MT-MP |
Almandin,
grossulaire |
|
||
|
Faciès des
granulites HT-MP |
Almandin |
|
||
|
Métamorphisme
de subduction |
Mafiques à ultramafiques |
Faciès des schistes bleus MT-MP |
Spessartine,
Almandin |
Ile de
Groix(56), région nantaise |
|
Mafiques à ultramafiques |
Faciès des éclogites HT-HP |
Spessartine,
Almandin, pyrope |
Ile de
Groix(56), région nantaise (44-85) |
|
|
Acides, pélitiques |
micaschistes |
Almandin |
Ile de
Groix(56) |
|
Table 1 : Principales genèses de grenats.
Les conditions PT ont été précisées pour les grenats d’origine
métamorphique.
Pour les pegmatites, celles de Madagascar
ont été formées entre 0 et 30 km. Il est donc difficile voir impossible de
corréler quelque effet de la pression et la cristallisation des grenats.
Celle-ci est principalement due à une variation des concentrations en Mn dans
la phase liquide.
Pour les métasomatoses, la cristallisation
des grenats est principalement due à la diffusion d’éléments métalliques dans
un milieu carbonaté
|
|
Figure 10 : Domaine d’existence simplifié des grenats d’origine
métamorphique
en fonction des conditions PT et donc des
faciès métamorphiques
Des cornéennes de Flamanville (métamorphisme de contact) aux éclogites vendéennes (métamorphisme de subduction), les domaines d’existence des grenats couvrent la majeure partie des conditions PT de la lithosphère
1 :
grenat dans glaucophanite, ile de Groix
2 :
grenat dans cornéennes, Flamanville
3 :
grenat dans granulites
4 :
grenat et staurotide, Cavallaire
5 :
grenat et omphacite dans éclogite, St Philbert de Bouaine
Lorsque la température
augmente, la structure du grenat peut accepter les cations Fe et Mg de faible
rayon ionique, au détriment de Ca et Mn dont le rayon ionique est plus grand.
A pression constante, l’augmentation progressive de la
température enrichit un grenat en almandin et en pyrope.
La substitution Ca,Mn -> Fe,Mg tend à diminuer le
volume moléculaire du grenat : une forte
pression tend donc à stabiliser un grenat riche
en almandin ou en pyrope.
En
conséquence, une aggravation des conditions, que ce soit pour la pression ou
pour la température, déplacera la
composition des grenats vers les pyralspite, une raisonalisation des conditions
favorisera la formation d’ugrandites.
Bien que métastables sous la pression atmosphériques, les grenats sont
assez durs (utilisés comme abrasifs) et stables chimiquement. On peut ainsi
trouver des gisements de grenats de type secondaire, sous formes de galets, et
dans des sables détritiques.
Les grenats sont une solution solide de composition
intermédiaire entre plusieurs pôles minéraux limites. Les rhodolites, sont des
grenats intermédiaires entre almandin et pyrope, de composition générique
(Fe,Mg)3Al2[SiO4]3.
Compte tenu de
la substitution quasi généralisée en minéralogie entre les cations Fe2+
et Mg2+, que l’on rencontre dans les pyroxènes ou dans les épidotes
par exemples, et fréquemment exploitée en géothermobarométrie, il est commun
que les grenats dénommés logiquement et minéralogiquement almandin ou pyrope,
soient en fait des « rhodolites ». Plus la couleur des rhodolites
tend vers le rouge-brun, plus la teneur en Fe, et donc en almandin, est élevée,
alors qu’un surplus de teneur en Mg donne aux rhodolites, une couleur rose à
pourpre, qui est à l’origine étymologique de leur nom (du grec rhodon = rose).
L’almandin est sans contexte le grenat le plus
répandue, car formé à partir des éléments chimiques les mieux répartis dans la
lithosphère (Fe, Al, SiO2). On peut le rencontrer dans les roches
magmatiques (en solution avec le spessartine), ou dans des roches
métamorphiques basiques telles les éclogites. Néanmoins, sa zone de
prédilection est le métamorphisme régional de sédiments pélitiques, où il peut
être très abondant dans les roches schisteuses (micaschistes ou gneiss).
Son domaine d’existence
recoupe donc la quasi-totalité du domaine PT de la zone de pression
atmosphérique aux hautes pressions, des températures moyennes à l’anatexie.
Seule la zone moyenne à haute température sous très basse pression dans les
roches pélitiques, ne permet pas de former des grenats, mais des staurotides.
almandin 400 600
800 1000 1200 T (°C) 5 P
(hPa) 4 3 2 1 spessartine 400
600 800 1000 1200 T (°C) 5 P
(hPa) 4 3 2 1
Figure 11 : Domaine PT d’existence des grenats almandin
Figure 12 : Domaine d’existence des grenats spessartine [Miashiro]
Au cours du métamorphisme régional, l’almandin est un minéral fréquent,
spécialement dans les micaschistes et les gneiss alumineux. Sous des conditions
métamorphismes correspondant à un intervalle de température donné, son
développement est influencé par la pression, cette dernière tendant à
stabiliser le minéral pour des compositions globales de roches de plus en plus
étendues.
Ainsi, dans les micaschistes mézonaux, le grenat almandin se forme en
général par réaction entre les chlorites et la muscovites.
Dans les gneiss alumineux catazonaux, l’almandin est un minéral
fréquent associé au feldspath potassique et à la sillimanite.
Bien que les
pressions mises en jeu lors de collisions de plaques et d’orogenèses, nous
paraissent colossales, à nous, pauvres humains, elles ne sont en terme
géologique que d’intensité moyenne. Les
fractures, chevauchement et autres plissements absorbent en réalité, une
quantité importante de l’énergie et finalement les pressions subies par les roches
n’atteignent généralement pas le GPa (1 giga Pascal = 10 kbar).
Ainsi, lors de métamorphisme régional de
roches pélitiques, si la pression est suffisante pour que le silicate
d’aluminium stable soit le disthène, le grenat est largement représenté dans
les micaschistes qui semblent souvent tapissés de petits almandins à la couleur
brune caractéristique.
Dans le métamorphisme à andalousite, de plus basse pression, son
développement dans les micaschistes est plus limité, et il peut ne pas
apparaître pour des pressions trop faibles.
Cette influence de la pression explique la rareté de l’almandin dans
les cornéennes alumineuses de l’auréole de contact des granitoïdes
supercrustaux.
Figure 13 : Domaine PT, d’existence des
grenats dans les séquences pélitiques de métamorphisme régional
Le pyrope n’est guère stable
qu’à très haute pression (P > 1,5 GPa en présence d’eau). Il se forme sous
HT-HP dans les roches métamorphisées ultrabasiques, dont les serpentinites et
les péridotites.
C’est donc un minéral rare qui n’existe guère que dans les péridotites
à pyrope, les ariégites, certaines éclogites et roches incluses sous forme de
xénolithes dans les kimberlites.
On le trouve également dans les kimberlites des pipes diamantifères
bien que sa formation intervienne pour des pressions inférieures à celle des
diamants.
ALMANDIN et/ou PYROPE
Dans les roches catazonales
de haut degré, appartenant au faciès des granulites, l’almandin s’enrichit en
constituant pyrope, dont la concentration atteint couramment 30%,
principalement sous l’effet d’une augmentation de la température (650-750°C).
Dans les éclogites, formées à des pressions élevées (P > 1 GPa), le
grenat devient l’un des constituants principaux avec la jadéite et renferme aussi une forte concentration de
pyrope.
Une faible pression d’oxygène, condition généralement réalisée dans les
micaschistes et les paragneiss, favorise l’almandin, qui peut s’enrichir en
spessartine et en pyrope dans les conditions contraires.
L’almandin plutôt rare dans les granites, n’est pas exceptionnel
dans les roches volcaniques acides.
A partir des
études de différents gisements, Miashiro a montré que la spessartine et le
grossulaire devaient avoir des domaines de stabilité très étendus.
La spessartine
se forme davantage dans les pegmatites. On en trouve également dans les roches
métamorphisées par contact, associés à d’autres minéraux de manganèse.
Les grenats sont utilisés en
joaillerie depuis plusieurs milliers d’années. En ces temps anciens, ils
étaient connus comme escarboucle ou comme gemme rouge. Il y en avait dans le
plastron du jugement d’Aaron, décrit dans la bible (Exodus: xxviii, 15-30). Le
Coran prétend que le 4ème ciel est composé d’escarboucles. Dans
l’astrologie védique, qui est de 1000 ans antérieure à l’astrologie
occidentale, et toujours pratiquée par des millions d’adeptes, le grenat
hessonite de couleur brun orangé à rouge est le talisman qui protège des
influences démoniaque du corps céleste
nommé Rahu.
Le grenat est également considéré comme pierre sacrée par nombre de
tribus indiennes d’Amérique du nord, du centre et du sud.
En 1892, les Hunzas ont utilisé des projectiles faits de grenats contre
les troupes britanniques au Kashmir, pensant que leur action meurtrière était
supérieure aux balles de plomb.
Historiquement, les grenats sont censés protéger des
blessures et du poison, arrêter les saignements et symboliser la vérité et la
fidélité, et apporter prospérité.
En tant que gemme, les grenats sont aujourd’hui plus populaires que
jamais. D’ailleurs de nouvelles variétés ne trouvent un essor que depuis ces
dernières années.
Certaines formes de grenats almandins renferment des inclusions
minérales d’asbeste, typiquement de pyroxène ou d’amphibole, qui leur donne un
effet chatoyant sous la forme d’une étoile à quatre branche dans la gemme
taillée en cabochon.
Le grenat est la pierre de naissance du mois de janvier (capricorne)
Il est la pierre des 18 ans de mariage.
Il est en accord avec les signes astrologiques du lion, de la vierge,
du capricorne et du verseau.
Le grenat est dit accroître la créativité et
l’intelligence et il aide au succès dans les affaires .
Il serait aussi capable d’apporter de l’énergie bénéfique et de renforcer
l’estime personnelle et la popularité à ceux qui en porte.
De surcroît, on attribue d’autres bénéfices aux différentes variétés de
grenat :
-
L’almandin est utile pour renforcer le cœur, inspirer l’amour et aide à
percevoir la vérité.
-
L’andradite donne vitalité, aide à prévenir les craintes, l’insécurité
et le sentiment de solitude.
-
Le pyrope améliore l’intelligence et la sagesse.
-
La rhodolite facilite la méditation, améliore l’intuition et inspire à
l’amour.
-
La tsavorite facilite la
méditation, améliore la sensibilité spirituelle et les aptitudes télépathiques.
Dans le Roussillon, l'utilisation de grenats en
joaillerie se perpétue depuis le XVIIIe siècle. D'après la littérature, on
apprend qu'à l'époque les pierres étaient extraites des reliefs pyrénéens
(Estagel, Caladroi, Costabonne, Espira de l'Agly, Latour-de-France et plus
vraisemblablement des alluvions de l'Agly et de ses affluents). D'ailleurs, une
association d'artisans bijoutiers de la région, "Le grenat de Perpignan",
revendique l'origine catalane de ces pierres, les premières à avoir été
taillées très probablement dans le département (voir encadré). Comme on le
voit, le Costabonne n'a pas été forcément le seul site à grenats et d'autres,
plus à proximité de Perpignan, ont sûrement été plus productifs en matière de
pierres gemmes dignes d'être travaillées (et connus plus tôt). Malheureusement,
ces gisements ont été bien vite épuisés en pierres de bonne qualité pour la
joaillerie. Difficile de dire d'où précisément et combien il en a été extrait
dans la mesure où les archives, contrairement à l'or, ne conservent pas en
mémoire ce genre d'informations.
Figure 14 : Premières lignes de la présentation de la plaquette réalisée par les artisans bijoutiers-joailliers « Le grenat de Perpignan».
Ce que l'on retrouve par contre est la trace d'une
importante activité dans le domaine de la taille des pierres à Perpignan. On
apprend également l'existence d'une entreprise spécialisée dans la taille de
fausses pierres, pour pallier peut être la pénurie de grenats gemmes catalans
(?) et avant de trouver la filière allemande.
Actuellement, les grenats
proviennent très vraisemblablement du massif de bohême d'où elles transitent
par Idar Oberstein (Allemagne) où elles sont taillées en forme
"rose", c'est à dire sans culasse (la partie normalement bombée sous
les pierres taillées). Les pierres sont ensuite montées en respectant une
tradition bien ancrée en territoire catalan. Les grenats ont donc progressivement
perdu leur origine d'extraction catalane pour ne garder, finalement, plus que
la façon, catalane, d'être montés.
Néanmoins, il y a bien eu
une vraie production catalane à une certaine époque et l'association "Le
grenat de Perpignan" qui compte une douzaine de bijoutiers parmi ses
membres tente de promouvoir et de pérenniser l'activité autour de l'utilisation
du grenat en joaillerie.
|
Grenat
Rhodolite Coussin 1.15ct |
|
Grenat
Rhodolite Trillion 2.26ct |
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|
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Grenat
Tsavorite Ovale 1.15ct |
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Grenat
Tsavorite Poire 0.57ct |
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Grenat
Almandin |
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Grenat
Changement de Couleur |
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Grenat
Hessonite |
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Grenat
Almandin |
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Grenat
Pyrope |
|
Grenat
Pyrope |
|
ET TOUS SERVENT A VIDER LE PORTEFEUILLE
DE MONSIEUR
(prix 2007)
Le grenat est le minéral associé à Setsuna.
Avant tout lié à la fidélité et la sincérité, et par
conséquent à l'amitié, pour les Anciens le grenat rend son propriétaire
invulnérable. Il protège les femmes italiennes de la tristesse et de la douleur
durant un veuvage. Il est donc déjà associé à la mort, comme l'attaque de
Pluton, le Dead Scream (traduisez "hurlement de mort").
Le grenat convient aux gens constants, honnêtes,
francs et intellectuels, mais souvent sensibles et réservés. (On ne peut pas
dire que Setsuna soit le type même de l'extravertie...) Elle est, par ailleurs,
particulièrement recherchée par ceux qui désirent affirmer leur individualité
et leur différence par rapport aux autres.
La pierre assombrirait sa teinte naturelle par sa
propre volonté en cas de danger et la reprendrait immédiatement une fois le
danger écarté. Souvenez-vous de cet épisode 121 de SailorMoon S o le grenat de
la baguette de Setsuna la protège spontanément des émanations nocives d'une
plante maléfique. Effectivement, cette pierre est connue pour préserver des
empoisonnements et des pièges.
Son énergie magnétique fortifie le cœur et le cerveau,
accélère et équilibre toute régénération de tissus (qui s'effectuerait donc en
moins de temps que la normale). Sailor Pluto n'a-t-elle pas toujours eu une
façon différente d'appréhender le temps ?
La couleur bordeaux du grenat de Setsuna se rattache à
une symbolique nocturne, féminine et secrète, représentant le mystère de vie
et, de ce fait, incitant à la vigilance et parfois à la crainte.
Enfin, selon ses nuances de couleurs, un grenat aperçu
chez une autre personne peut symboliser un lien commun qui remonterait à une vie
antérieure et, selon une coutume ancienne, en garder un dans sa main c'est
avoir son propre avenir en main. Deux derniers points dont Sailor Pluto est
très proche, tant par le lien qu'elle représente entre le XX’ siècle et le
Silver Millenium, que par sa connaissance de l'avenir et sa complète mise au
service de celui-ci.
Les grenats artificiels ont d’autres applications que
l’utilisation comme gemme en joaillerie.
Par exemple,
les grenats fer-yttrium (YIG) ont des propriétés magnétiques et sont utilisés
comme capteurs, servo-commandes et comme substrat de micro-ondes.
Ces grenats
peuvent être soit homocréés (même composition que les grenats naturels) ou
artificiels, mais qui n’ont pas de contrepartie dans la nature.
Ces grenats
sont relativement difficiles à fabriquer et surtout, les grenats naturels sont
en général assez bon marché et n’engagent donc pas à la fabrication de gemmes
artificielles. Les tsavorites, particulièrement rares dans la nature, sont
quelques fois artificielles.
La plupart des
grenats artificiels sont dopés par du YAG (yttrium aluminum garnet) et sont
fortement fluorescents.
Au cours de ma
thèse, j’ai pas mal utilisé l’oxyde d’yttrium pour former in situ de
l’yttrogrenat ou YAG par réaction avec l’alumine.
La présence d’yttrium
crée en surface des grains d’alumine des lacunes qui peuvent migrer au cœur de
l’alumine et faciliter son frittage. Le frittage est une réaction de
recombinaison physique à haute température qui a pour but de souder les grains
les uns aux autres et de résorber la porosité, pour améliorer les propriétés
mécaniques et la résistance à la corrosion des céramiques.
ALMANDIN Fe3Al2[SiO4]3
Son nom provient de la cité d'Alabanda, de l'évêché de
Carie en Asie Mineure, réputée il y a 2 000 ans pour ses gisements et ses
ateliers de polissage.
Pline évoqua le «
carbunculus alabandicus », grenat
taillé près d'Alabanda ; qui fut par la suite repris par Agricola. D'autres noms suivirent : almandite (genre
féminin), almandine, alamadine, alabandine, et alabandite par déformation.
Il fut aussi dénommé le « grenat noble » par les Anciens,
s'agissant très probablement de l'escarboucle moyenâgeuse, qui brillait comme
un morceau de charbon ardent à la lumière des torches, ou encore du « grenat
oriental» ou du « grenat syrien » ou « grenat styrien », bien que Romé de
l'Isle prétendait que cette gemme ne provenait pas de Syrie, mais de Syrian, la
capitale du Pégou, un ancien état indépendant d'Indochine.
Il contient 36 à 38% de SiO2, 20 à 22% d'Al2O3,
30 à 36% de FeO, l à 5% de MgO, l à 7% de MnO. L'almandin peut contenir en solution
solide, plus de 50% pyrope et de spessartite.
Dureté : 7-7,5
Indice de réfraction :
1,75-1,83 diminuant avec la teneur
en magnésium,
isotrope, mais avec des anomalies de polarisation
courantes, dispersion de 0,024 ;
clivage absent, ou très faible sur {110} ;
constante diélectrique de 4,3 - 6,25 ;
ni fluorescent, ni pléochroïque.
Renferme souvent des inclusions liquides et/ou solides
généralement constituées de cristaux microscopiques de quartz, de feldspath,
d'hématite, de zircon, ou de rutile.
Sa couleur varie du rosé
violacé au rouge très foncé, tirant sur le noir en passant par le brun; il est
parfois recouvert d’hématite rouille.
Les gemmes les plus
recherchées sont d'un beau rouge profond.
Il est peu ou pas attaqué par les acides, se décompose
par fusion avec les carbonates alcalins et s'altère en chlorite, épidote,
hématite, limonite...
Il cristallise en
rhombododécaèdres réguliers (douze faces en losange) dans les roches
métamorphiques et en tétragonotrioctaèdres dans les pegmatites, ces deux formes
pouvant se combiner. Des cristaux de plus de 20 centimètres de diamètre, bien
que souvent fissurés, ont permis la réalisation de tasses, de godets de 5 à 6
centimètres d'ouverture.
C’est le plus répandu des
grenats: Autriche (massif du Tyrol : Otztal, Zillertal — avec des cristaux
atteignant 6 à 8 centimètres de diamètre), Norvège (Selvik), Tchéquie,
Roumanie, Grèce, Suède (Fahlun), Etats-Unis (Alaska — à Fort Wrangell; New York
— montagne de Gore et à Barton Mine dans le comté de Warren, dans les
Adirondacks, à North Creek ; Colorado — à Salida), Brésil (Minas Gérais),
Madagascar (à Ampadramaika, région de Mongoky — très gros cristaux), Népal,
Inde (région de Jaipur, de Delhi, d'Hyderabad — à Khammamet), Australie
(Territoires du Nord)...
France :
éclogites de Saint Philbert
de Grand lieu (44)
micaschiste de l’île de
Groix (56)
Collobrières (83), réputé
pour les collectionneurs, cristaux jusqu’à 7 cm d’arêtes.
En tant que gemme on recense
quantité d'almandins, d'une grosseur importante et d'une coloration parfaite.
L'un des plus volumineux,
provenant de l'ldaho, actuellement conservé dans la collection de la
Smithsonian Institution de Washington, taillé en forme de rose plate, pèse 175
carats. C’est un grenat étoilé à quatre branches.
Un autre almandin étoile
fameux, le « two pounds star » pesant 5 737,50 carats, propriété d'un
collectionneur, M. Pascal Entremont, fut l'un des joyaux de l'exposition
consacrée à René Just Haüy au Musée de minéralogie de l'Ecole des Mines de
Paris en 1994. D'une couleur rouge violacé très profond, translucide mais non
transparent, il s'en dégage une étoile blanche à quatre branches à la fois très
fines et très lumineuses. C'est à ce jour le plus gros grenat étoilé connu.
Ramassé dans des alluvions
au Sri Lanka, l'almandin fut confondu avec le rubis, et négocié fort cher, mais
les nombreuses sociétés commerciales exploitant les gîtes firent faillite
quand on découvrit la véritable nature de ce qu'elles vendaient.
Utilisé depuis l'Antiquité,
les Sassanides de Perse ont gravé le profil de l'un de leurs souverains,
Chosroês (ou Khosrô) dans un almandin et une coupe exécutée pour l'un de ces
rois est conservée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de
Paris, ornée de vingt-six grenats ronds, les huit plus gros en fleurons de 3
centimètres de diamètre.
Le Louvre détient lui aussi
une coupe taillée dans un seul grenat.
Les Francs le montaient à
plat sur l'or, comme de la marqueterie.
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Photo 12 : almandin, Madagascar |
Photo 13 :
almandin, Madagascar |
SPESSARTINE (ou SPESSARTITE) Mn3Al2[SiO4]3
Il doit son nom au massif
montagneux et forestier de Spessart, en bordure nord-ouest du bassin de
Souabe-Franconie, contourné par le Main (Bavière).
Elle fut analysée pour la
première fois par Klaproth. Elle contient 36 à 37% de SiO2, 20 à 21%
Al2O3, 30 à 40% de MnO, 2 à 14% de FeO, l à 4% de CaO.
Elle peut également inclure
jusqu'à 2% d’Y2O3.
Généralement, la spessartine
est pure à 97% ; les 3% manquants étant de l'almandin et du grossulaire.
Si elle est riche en
almandin, il est délicat de la différencier de ce dernier riche en pyrope en ne
se basant que sur l'indice de réfraction et sur la densité. L'emploi du spectroscope s’avère alors
indispensable.
Dureté : 7- 7,5
Indice
de réfraction : 1,79-1,81 ; dispersion de 0,027 avec quelques anomalies de
polarisation
cassure inégale ; non
pléochroïque ;
isotrope
constante diélectrique de
7,6 ;
non fluorescente
transparente à translucide,
Inattaquable aux acides ;
mélangée en poudre avec du
borax elle fond lors de l'essai au chalumeau ; s'altère en biotite.
Elle contient presque
toujours des inclusions. Couleur jaune si est elle pure, elle adopte le plus souvent une nuance
rouge-orange, rougeâtre, brun-jaunâtre, parfois violette découlant de la
présence d'almandin.
Cristaux
dodécaédriques ou trapézoiques pouvant atteindre 10 centimètres.
Très rare, la spessartine se
forme surtout dans des pegmatites riches en manganèse, plus rarement rencontrée
dans des roches métamorphisées par contact, elle est alors rencontrée avec
d’autres minéraux de manganèse.
Dans les dépôts de montagne
à Aschaffenburg, dans le Spessart, bien que difficilement exploitables, mais
aussi en Italie (Saint-Marcel au val d'Aoste), en Suède (Finbo, Brodho), en
ex-U.R.S.S. (Mias et Tokovaia dans l'Oural),
Importants gisements de
pegmatites aux Etats-Unis (Amalia en
Virginie ; Ramona en Californie); au Colorado dans les
rhyolites de Silver Cliff ; en Utah près de Nathrop ; au Connecticut, au
Mexique (cristaux de 7 cm), à Madagascar (Antsirabe), au Kenya (Taita HiIls),
en Namibie (près de la frontière avec l’Angola — cristaux orangés, appelés «
spessartite-mandarine »), au Pakistan (Dosso), en Australie (Broken Hill)...
Un seul gisement
intéressant, dans les pegmatites de Chanteloube, à 30 km de Limoges, cristaux de 1 cm associés à de la wolframite tantalifère.
Les gemmes sont
essentiellement d’origine alluvionnaire et proviennent du Sri Lanka, de
Birmanie, du Brésil et de Madagascar, et sont taillées à facettes.
Actuellement, gisement
important dans des pegmatites au nord du Pakistan.
En 1993, fut présentée une
pierre exceptionnelle, provenant de Namibie, d'une couleur orange flamboyant,
d'une luminosité inconnue ; dans l'obscurité, elle semblait être une source de
lumière !
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Photo 14 : Spessartine et muscovite, Californie |
Photo 15: Spessartine « etched », Minas Gerais, Brésil |
PYROPE Mg3Al2[SiO4]3
L’origine probable de son
nom serait le grec pyropôs, qui
a donné en latin pyropus = couleur de feu , un alliage de cuivre et
d'or qui a l'éclat du feu.
Il contient 40% de SiO2,
21 à 24% Al203, 12 à 20% de MgO, 6 à 20% de FeO, 5 à 8%
de CaO
Le terme de grenat magnésien est impropre ainsi que la
formule [Mg3A12(SiO4)3] car le
pyrope ne contient jamais plus de 80% du grenat magnésien pur, car il renferme
une importante quantité de solution solide d’almandin par substitution du
magnésium Mg2+ par le fer Fe2+.
Il est fréquent qu’il renferme de 3 à 8% de Cr2O3
qui confèrent au pyrope son incomparable couleur rouge sang (tel le rubis),
plus intense que par la seule présence d’almandin.
Il peut également contenir du calcium, il est alors
plus orangé.
Dureté : proche de 7,5,
c’est le plus dur (abrasif)
Densité: 3,53-3,87 en
fonction de sa teneur en fer,
Indice de réfraction:
1,73-1,77
Dispersion de 0,022.
Transparent à translucide,
Eclat vitreux,
Absence de clivage
Fracture conchoïdale ;
Isotrope
Ni pléochroïsme, ni fluorescence
Inattaquable
aux acides, son altération donne de la chlorite ou de la képhylite.
Sa couleur est incolore à
l'état pur, mais il est coloré par la présence d'almandin. Il vire au rouge
intense quand la présence d'almandin augmente, pouvant tendre vers le noir.
Il peut être coloré par le
chrome (rouge sang) ou par le calcium (orangé).
Il accompagne, avec le
diopside chromifère, les kimberlites des gîtes de diamant.
Abondant dans les alluvions,
on le connaît en Allemagne (Zoblitz), en Suisse (à Gorduno, près de
Bellinzona), en ex-Tchécoslovaquie (Trébénice, Mèrunice, Podsedice), en
ex-U.R.S.S. (dans les pipes diamantifères de Sibérie), en Afrique du Sud (dans
les mines de diamant), en Tanzanie, à Madagascar, en Australie, au Sri Lanka,
aux États-Unis (Utah, Nouveau - Mexique, Arizona... ), au Brésil…
Près
de chez nous, à Bournac 43
En Haute Garonne, près
d’Arguénos, et en Ariège, aux environs de Prades, près de l’étang de Lherz
Egalement dans les
péridotites des Vosges
Dans la serpentinite du
Pertuis : cristaux de 2 cm
Dans la région de Gerardmer,
ils sont souvent altérés.
En tant que gemme, c'est une
pierre remarquable, du fait de sa couleur rouge sang ; on la taille à facettes,
en cabochon, on la polit au tonneau.
Werner l'a décrit en 1800.
Il se nommait aussi « belle des lapidaires », mais surtout « grenat de Bohême »
région où il fut exploité dès le XIVe siècle sur le versant méridional des
Ceské, près de Trébénice ; des écrits de la période de l'empereur Charles IV
l'attestent.
On retrouve ces pyropes d'un
rouge intense dans les bijoux gothiques du XVe siècle. L'empereur Rodolphe II
les admirait, ainsi que l'artiste Albrecht de Waldstein. C'est d'ailleurs à
cette époque que l'on a extrait le plus gros grenat bohémien, qui orne l'ordre
de la Toison d'Or conservé dans le trésor des anciens électeurs de Saxe à Dresde,
taillé en cabochon ovale, de la grosseur d'un œuf de pigeon (35x27x8 mm, pesant
9,6 g).
Un autre, au Musée des
grenats de Trébénice, mesure 12,3 x 8,6 millimètres et pèse 2,6 grammes.
dimensions exceptionnelles pour un pyrope. Anselmus Boëtius de Boot, dans son
livre « Gemmarum et lapidum Historia » qui traite de la découverte des grenats
à la fin du XVIe siècle le mentionne, ainsi que d'autres gros pyropes, qui, de
la taille d'une noisette, valaient aussi cher que des rubis. Durant la période
baroque, on enchâssait ces grenats dans des objets liturgiques (calices,
ostensoirs, croix...), tel l'ostensoir des Lobkovitz, daté de 1673, aujourd'hui
dans le trésor de la Lorette de Prague, orné de cent quatre vingt-douze
grenats.
L'amie de Goethe, Ulrïke von
Levetzow fit réaliser, en 1820, une parure restée célèbre, comportant quatre
cent quarante huit pierres, exposée au Musée des grenats de Trébénice.
La vogue de ces pyropes
connut son apogée dans la seconde moitié du XIXe siècle quand on les exportait
partout, ornant la couronne des reines d'Angleterre, des impératrices de
Russie, obtenant un grand succès à l'Exposition universelle de 1878 à Paris.
A Turnov, au XIXe siècle,
fut fondée la première école de taille.
II sert à fabriquer des
instruments de coupe, de polissage, et de forage, grâce à sa grande ténacité et
sa dureté assez élevée.
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Photo 16: Pyrope, Madagascar |
Photo 17: Pyrope et sphalérite sur calcédoine, Chine |
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Photo 18 : Pyropes,
Chine (2cm)
RHODOLITE (Mg1-x Fex)3Al2[SiO4]3
Du
grec rhodon = rosé, à cause de sa
couleur
Dans la série continue
s'étendant du pyrope à l'almandin, certains scientifiques intercalent parfois
quelques variétés de grenats telle la « pyraldine » ou la « rhodolite »,
celle-ci contenant de 10 à 25% d'almandin.
Ce sont en fait des
solutions solides, mais comme tout grenat est une solution solide des pôles
limites de leur groupe. Par conséquent, et selon les règles en vigueur, ils
sont censés être appelés du nom du pôle grenat majoritaire, pyrope en
l’occurrence pour les rhodolites.
couleur rosé mais elle est
aussi rouge, violet-rouge clair.
Ce nom de rhodolite est
surtout employé en gemmologie car les minéralogistes réprouvent plus ou moins
sa propagation.
Gîtes
aux U.S.A. (surtout en Géorgie), à Madagascar, au Brésil, en Zambie, en
Tanzanie.
CALDERITE Mn3Fe2[SiO4]3
En 1979, P. J. Dunn confirme
la validité de la calderite en tant que grenat (Canadian minéralogist - 17 :
569-571) espèce ne semblant stable que sous une pression supérieure à 30 kbars
(3 GPa).
Une microanalyse d'un échantillon provenant d'Otjosundu,
en Afrique du Sud-ouest, conduite par Vermaas (1952) a
fourni comme composition 35,16% de SiO2, 0,28% de TiO2,
9,04% d'AI203, 16,27% de Fe203 (fer
total), 0,50% de Mg0, 12,12 de CaO, 27,38% de MnO (soit 100,75%)
On a pu déterminer qu'il contenait en fait 51 parties
de calderite, 36 de grossulaire, 13 de spessartite.
Cette analyse et celle d'un grenat du Labrador publiée
par Klein en 1966 confirmèrent définitivement la validité du grenat pôle
manganifère, nommé calderite.
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Photo 19: Caldérite (20 mm)
Otjosundu
MAJORITE Mg3(Fe,Si)2[SiO4]3
Son nom est en honneur d’Alan Major qui collabora avec
Ringwood à la synthèse des grenats de hautes pressions.
« Grenat pyroxène » (type d'appellation qui devrait
être évité puisque n'ayant rien d'officiel)
découvert et décrit en 1968 par J. V. Smith, Brian Mason, Nelsen et White sur des échantillons de quelques grammes de la météorite de Coorara découverte en 1967 à Nullarbor Plaine (Australie) et composé d'assemblages minéralogiques particulièrement complexes, provenant de synthèses dans les hautes pressions extraterrestres.
SCIAGITE ou
SKIAGITE Fe3Fe2[SiO4]3
Ce grenat est si complexe
que son existence même a été mise en doute.
En effet, il est déjà difficile de l’identifier dans
la nature car fréquemment pour ne pas dire toujours, en solution solide dans
l’almandin.
De plus, il existe une transition de phase entre le
grenat et la solution solide de spinelle Fe2SiO4-Fe3O4,ainsi
que des transferts de charge VIIIFe2+ + VIFe3+ →
VIIIFe3+ + VIFe2+.
Cubique, avec a = 11,667 Å th , 11.728 Å exp.
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Photo 20 : Sciagite ?
: Flamanville
GROSSULAIRE Ca3Al2[SiO4]3
C’est Werner (1811) qui leur
a attribué ce nom à cause de la similitude des premiers échantillons avec le
fruit du groseillier à maquereaux Ribes
grossularia, de couleur vert pale.
Différentes variétés
colorées de grossulaire ont reçu d’autres appellations : grenat jaune, romanzowite (couleur
brunâtre), wilnite de Sibérie (blanc verdâtre), succinite, jaune de miel , essonite
(si jaune orangé), jade sud-africain, jade du Transvaal...
II
se compose de 40% de SiO2, 18 à 23% d'Al2O3,
32 à 37% de CaO, et 3 à 4% de FeO.
densité de 3,60 à 3,68, (3,42 à 3,55 pour la variété verte massive)
indice de réfraction
fonction de la couleur : de 1,730 à 1,736 pour les pierres pâles, de 1,734
à 1,738 pour les pierres vert clair, de 1,739 à 1,734 pour les pierres vert
profond foncé, et 1,720 pour la pierre massive, globalement il augmente avec la
teneur en fer ;
dispersion de 0,027 ;
Isotrope
Souvent faiblement
biréfringent et biaxe négatif, sans doute par distorsion de sa structure par
les ions Ca
Transparent à presque opaque
Parfois fluorescent sous
U.V. en rouge orangé
Constante diélectrique de
7,64.
Inattaquable aux acides, il
s'altère en épidote, en chlorite, en calcite.
Incolore à l'état pur, il
est d'une grande diversité de couleur (jaune, jaune verdâtre, orange,
brun-rouge, noir), celle-ci dépendant des ions présents en substitution de Ca
et Al.
La variété tsavorite (ou
jade du Transvaal) est coloré en vert par du chrome lié aux atomes d’oxygène de
manière covalente.
Les rhombododécaèdres se
rencontrent surtout dans les roches métamorphiques, les trapézoèdres dans les
pegmatites, bien que ces deux formes soient souvent combinées.
Les grenats calciques, tel
le grossulaire, se forment principalement par métasomatose de roches calciques
impures, surtout lors de métamorphismes de contact, dans des granulites (roches
calcaires en contact avec le granite ) ou de roches basiques.
Le
grossulaire a également été rencontré dans des pegmatites et dans des veines
hydrothermales.
Ses gisements sont communs,
développés dans des formations géologiques très diverses serpentinites,
calcaires métamorphiques ... : Allemagne, Grande-Bretagne (Ecosse — île de
Mull), Italie (val d'Ala, île d'Elbe, dans des blocs calcaires enclavés dans
les laves du Vésuve), Pologne (Jordanow), Roumanie (Oravicza, Dignacska,
Ciclova), Suisse (Zermatt), ex-U.R.S.S. (Kyssinks en Oural, Yakoutsk et
Achmatovsk en Sibérie), Mexique (Morelos, Xalastoc, Concepcion del Oro),
Etats-Unis (Ramona en Californie, Colorado, Maine, Eden Mills au Vermont),
Canada (Asbestos), Tanzanie, Kenya, Afrique du Sud (Woliriitterskop), Birmanie,
Chine (où il est sculpté), Pakistan, Corée...
En 1994, un nouveau gisement
a été découvert au Mali (région de Kayes), qui livre des pierres jaune - vert
et vert - brun affectées d'une certaine biréfringence. Leur indice de
réfraction varie de 1,758 à 1,785, leur densité de 3,63 à 3,72 ; elles contiennent
de 17 à 29% en poids d'andradite.
A titre documentaire,
mentionnons la présence de grossulaire dans la météorite d'Allende, dans des
fissures, au travers de grains de mélilite.
La grossularite est une
roche formée par métamorphisme de contact pour donner un skarn se composant
essentiellement de grossulaire.
dans des skarns :
Pic d’Ereslids, au sud de
Barèges (65), sous la forme de placages de cristaux noirs dans les fissures
Gorge d’Escoubous
Pic d’Espade célèbre pour
ses axinites
Le pic de Péguères, près de
Cauteret, fournit des cristaux de 1 cm associés à de la vésuvianite
Dans le massif de Costabonne
(66) réputé pour ses indices de scheelite
dans les
granulites :
Aux environs de Nantes, près
de Barbin, où les cristaux sont très colorés : jaunes, roses, rouges,
parfois brunâtres à cause d’une altération due à la présence d’oxydes de fer
dans les fractures.
En Haute Garonne, à Port
Vieux, le grossulaire associé à la vésuvianite est abondant
dans les pegmatites :
En haute vallée de l’Ariège,
beaux cristaux roses accompagnés de tourmaline et de béryl.
dans les syénites
néphéliniques :
Dans la région de Pouzac,
près de Bagnères de Bigorre (65), associé à l’épidote, où de couleur
jaune-rougeâtre, il est une transition entre le grossulaire et la mélanite.
Il est considéré comme
pierre fine depuis 1960 seulement.
Variété
incolore, originaire du Canada, du Mexique.
Ce terme s'applique à différents
types de grenats dans lesquels fut mis en évidence, à l'intérieur des
tétraèdres ZO4 , un taux élevé de remplacement du silicium par de
l'eau, les deux « hydrogrenats » les plus communs se nommant «
l'hydrogrossulaire » et « l'hydroandradite ».
Leur formule générale
s'écrit : X3Y2(Z04)3-m(OH)4m
En particulier les grenats
verts d’Asbestos, au Québec sont parfois les fantômes d’hydrogrenats incolores.
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Photo
21 : Grossulaire Photo 22 : Grossulaire et diopside, Asbestos,
Québec Photo 23 : Démantoïde, San Benito, Californie |
Photo 24 : Grossulaire, Mali Photo 25 : Topazolite, Arizona Photo
26 : Grossulaire, Asbestos, Québec |
DEMANTOÏDE Ca3Al2[SiO4]3
Son nom vient d'un vieux mot
allemand demant = diamant, à cause de
sa propriété de décomposer la lumière en un grand nombre de couleurs
On a écrit d'ailleurs longtemps
« diamantoïde ». On l'appelait aussi, mais à tort, « topazolite », à cause de
sa couleur.
Densité de 3,82 à 3,85 ;
Dureté de 6,5 à 7;
indice de réfraction de
1,888 à 1,889 ; dispersion de 0,057.
D'un magnifique vert
intense, vert d'herbe, avec un fort éclat adamantin, il est transparent,
contenant fréquemment des inclusions de fibres d'amiante, byssolite, de couleur
brun orange, faisant penser à une queue de cheval.
Découvert par des chercheurs
d'or, vers les années 1860, dans des alluvions aurifères, à Nijni Taghil, dans
l'Oural, Nordenskiôd le décrit en 1878. Ce n'est que vingt ans plus tard qu'est
repérée la roche-mère, le long de la rivière Bobrovka, sur le versant
occidental de l'Oural, riche en nodules de 5 centimètres de diamètre, et l'on
crut alors à 'un nouveau gisement d'émeraudes, d'où le nom — inapproprié—
d'émeraude de l'Oural.
Gisements en ex-U.R.S.S. (à
Syssert en Oural), en Tchéquie, en Allemagne (Saxe), en Italie (carrière de
Sferlun dans le val Malenco, à 130 km au nord de Milan, plus exactement entre
Campo Franscia et l'Alpe Acquanera), en Suisse (Geisspfadsee dans le Valais),
au Congo, en Tanzanie, au Zaïre.
Le
gisement de l’Oural étant épuisé, le « démantoïde » reste prisé des
collectionneurs.
Il s'avère l'un des plus
précieux grenats car très rare, surtout de qualité gemme et dépassant 0,2
carat, exceptionnel au-dessus de 3 à 4 carats, bien que l'on en répertorie de 7
à 8 carats de l'ex-U.R.S.S. et de 1,5 centimètre de diamètre du val Malenco
(Italie).
Pierre fine se taillant à
facettes, en brillant rond ou ovale, apparue il y a une centaine d'année chez
les lapidaires russes qui l'achetaient en Oural, alors l'unique région
fournissant des cristaux de qualité gemme, il figurait parmi les plus chers,
sans doute à cause de sa réputation de « pierre similaire au diamant ». En
vogue chez les tsars au XVIIe siècle, c'était le seul grenat transparent connu
antérieurement à 1970, avant la découverte de la tsavorite.
HESSONITE Ca3Al2[SiO4]3
Vient du grec hesson = moindre, (allusion à sa faible
densité), pour certains, au fait qu'elle était moins précieuse que la hyacinthe
pour d'autres, ou encore parce que ses cristaux sont généralement plus petits
que ceux de l'almandin, elle fut décrite par Haüy dès 1822.
C'était l'ancienne «
hyacinthe antique » (alors mal différenciée du zircon), ou la pierre de
Canelle, le vermeil, le grenat hyacinthe, voire le grossulaire massif du Transvaal.
densité 3,65
dureté 7,25
indice de réfraction 1,742 à 1,748
Isotrope, avec quelques
anomalies de polarisation dues à diverses inclusions,
translucide à transparente,
avec éclat plutôt résineux.
Couleur rouge, orange à brun
orange, due à des mélanges d'almandin et d'andradite.
L’hessonite, à la différence
des autres grossulaires, est surtout rencontrée dans des roches serpentineuses
et basiques métamorphisées, ou dans des rodingites dont elle est le principal
composant.
Gisements assez rares :
Tchéquie (où l'on a trouvé de grands cristaux), Italie (val d'Ala, au Piémont,
groupes d'excellents cristaux), Allemagne (Auerbach), Roumanie (Baita),
Brésil, Tanzanie...
Plus fréquente au Sri Lanka,
et plus particulièrement à l'île Canelle.
Le Cabinet des
médailles de la Bibliothèque nationale conserve un cristal de 5,5 sur
2,5 centimètres sculpté par des Allemands, représentant Moïse.
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Photo 27: Hessonite, Asbestos, Québec |
Photo 28: Hessonite, Val d”Ala, Italie |
ANDRADITE Ca3Fe2[SiO4]3
Son nom, du genre féminin,
lui a été attribué au XIXe siècle par J. D. Dana en l'honneur du minéralogiste
portugais José Bonifacio de Andrada de Silva (1763 - 1838) qui se consacra à
l'étude des grenats.
Il semble donc que ce soit à
tort que des ouvrages anciens affirment qu'il viendrait du grec andras
, employé pour la première fois par le philosophe, médecin
et naturaliste Théophraste (372 - 278 av. J.-C.) qui désignait ainsi
tous les grenats.
Les
analyses donnent 35 à 36% de SiO2, 30 à 33% de CaO, 25 à 30% de Fe203
Son analyse met souvent en
évidence une petite quantité de titane, de l à 5%.
Le pôle extrême contenant
plus de 90% de molécules pures est peu commun. Il s'agit le plus habituellement
d'une solution solide d'andradite et de grossulaire.
Beaucoup d'andradites
extraites de skarns accusent une composition et une couleur zonée, l'alternance
de ces zones marquant l'andradite pure et le mélange 50% d'andradite - 50% de
grossulaire.
Indice de réfraction:
1,86-1,94
Sa constante diélectrique
varie de 6,35 à 8,2 ;
Elle est en général
optiquement isotrope, bien qu'une légère biréfringence s'y observe à l'occasion
; fluorescence aléatoire en rouge orangé sous les U.V.
Cristaux à forme
dodécaédrique dominante mais pouvant posséder de nombreuses troncatures (huit
formes habituellement reconnues) leur conférant souvent un aspect subsphérique.
Il
s'ensuit que sa couleur dépend de sa composition chimique.
Seules deux variétés sont
aujourd'hui reconnues par les lapidaires : la « mélanite » (noire, ou presque)
et le «démantoïde » (vert à vert foncé). L'ancienne « topazolite » (jaune-vert
si pure), ou « vermeille des lapidaires », étant une appellation synonyme du
démantoïde et de la mélanite est inutile et à proscrire.
présence d’andradite dans la
célèbre météorite d’Allende, une chondrite carbonée considérée comme l’une des
roches les plus anciennes du système solaire avec ses quelques 4,5 milliards
d’années.
Les grenats calciques, comme
l’andradite, se forment principalement par métasomatose de roches calciques
impures, surtout lors de métamorphismes de contact, dans des granulites (roches
calcaires en contact avec le granite ) ou de roches basiques.
L’andradite, dont la
formation implique un milieu à fort potentiel d’oxygène, est un minéral
constituant important des skarns, ces derniers renferment souvent des gisements
métallifères.
L’andradite est également
connue en tant que produit de fumerolles dans certaines roches volcaniques ( fissures
des laves acides de Menet (Cantal)).
La topazolite et le
démantoïde, variétés colorés de l’andradite, se forment principalement dans des
serpentinites et dans des schistes chloriteux
Les plus beaux cristaux
proviennent de Costabonne (66), associée à de la scheelite et à des minéraux
rares comme l’helvite.
Dans les Vosges, elle a été
abondante à Framont, associée à l’épidote, à la pyrite et à la magnétite.
Egalement, à Collobrières
(Var) dans les lentilles de magnétite des micaschistes à amphibolites.
Dans les schistes
cristallins de Loire Atlantique dans les gneiss des environs de Crossay
En Ariège près de St
Barthélémy.
En tant que fumerolles et
micros dans les fissures des laves acides de Menet (cantal)
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Photo 31: Menet : Andradite de fumerolles, |
Photo 32: Menet : Andradite micro http://cantalou.blog4ever.com/blog/photos-cat-128953-1948341397-micro_mineraux_de_menet__15_.html |
MELANITE Ca3(Fe,Ti)2[SiO4]3
Du
grec mêlas = noir, elle apparaît généralement
en cristaux idiomorphes.
Sa
formule s'énonce [Ca3Fe2(Si04)3]3,
le magnésium ou le manganèse remplaçant parfois le calcium.
dureté de 6,5 à 7
densité de 3,86
isotrope, avec un indice de
réfraction de 1,887 augmentant avec la teneur en titane,
De couleur brune à noirâtre,
La mélanite et la
schorlomite se rencontre plutôt dans des roches alcalines ignées telles les
syénites néphélitiques et les phonolites. Citons également que la mélanite peut
se former dans des grenatites associées à des « roches vertes ».
Variété rare, ses gisements
se situent en Allemagne
(Rieden-am-Laacher See,
Kaiserstuhl), en Italie (Fracasti, près de Rome ; au Vésuve), en Roumanie (Moravicza), en Russie
(péninsule de Kola), en Norvège, au Canada (Ice River), aux États-Unis (cavités
des roches métamorphiques du comté de York en Pennsylvanie ; Magnet Cove en
Arkansas), en Tasmanie...
Son association dans les
roches volcaniques en épitaxie à la surface des trapézoèdres de leucite
(minéral que Rome de 1'lsle appelait le « grenat blanc »), en fait une
curiosité recherchée par les collectionneurs. Le contraste entre le blanc nacré
de l'une et le noir très brillant de l'autre est extraordinaire. Les
collections étoffées abritent de magnifiques associations propres au Vésuve.
Appréciée avant la
découverte du démantoïde, elle est encore taillée à facettes ou en cabochons
pour orner des bijoux de deuil.
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Photo 33: Mélanite, Chili |
Photo 34: Mélanite
et épidote, Kayes, Mali |
UVAROVITE Ca3Cr2[SiO4]3
C'est au comte russe S. S.
Ouvarov (1785-1855), président de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg
que G. H. Hess l'a dédiée en 1832. Du genre féminin, elle fut confirmée en
1837.
Elle entre dans le
dictionnaire de l'Académie française en 1842 qui a écarté l'orthographe
anglo-saxonne «ouwarowite » car la bonne traduction du russe impose ouvarovite,
et même, en toute rigueur, uvarovite dans notre langue. Le Littré (page 1203)
confirme cette manière d'écrire
Densité: 3,40-3,90
Indice de réfraction: 1,74-1,87
dispersion nulle ; toujours
biréfringente ;
cassure inégale à
conchoïdale.
Elle est verte à vert
émeraude foncé, transparente à translucide et cristallise en rhombododécaèdres
de quelques millimètres, ses cristaux étant en général plus petits que ceux de
l'almandin.
L’uvarovite se rencontre
associée à la chromite dans les roches péridotites et serpentineuses, skarns
riches en chrome, dans des roches métamorphiques riches en Fe, en Mg et en
minéraux métalliques et dans les calcaire métamorphisés à condition de disposer
de chrome en grande quantité. L’uvarovite est donc très rare.
Cantonné presque
exclusivement dans les gisements de chrome : ex - U.R.S.S. (Saranovskaya et
Zlakoust dans l'Oural), Finlande (Pitkaranta au bord du lac Lagoda), Norvège
(Roros), Suisse, Pologne.(en Silésie, à Jordanow), Turquie (Makri), Ethiopie,
Afrique du Sud (massif de Bushveld au Transvaal), Canada (Oxford au Québec),
États-Unis (comté de Lancaster au Texas ; Wood's chromite mine, Oregon ; New
ldria dans le comté de San Benito en Californie), Nouvelle-Calédonie...
L'un des grenats les plus
rares, très recherché par les collectionneurs.
Notons qu'à Outokumpu
(Finlande) furent découvert en 1896, dans un bloc de quartz de douze kilos,
extrait d'un puits de 300 mètres de profondeur, les plus beaux cristaux connus
jusqu'alors : l'un d'eux mesurait 4,6 x 2,7 centimètres, plus un dodécaèdre de
deux centimètres, sept autres dépassant le centimètre. Il fallut trois mois
pour les dégager de la gangue quartzeuse.
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Photo 35: Uvarovite, Russie
KNORRINGITE (Ca,Mg)3Cr2[SiO4]3
Baptisée en l'honneur d'OIeg von Knorring, du département des sciences de la Terre de l'université de Leeds (G.-B.), elle remplace la « hanléite », étudiée par Fennor en 1952, désormais discréditée, car c'est une uvarovite, selon Sastri (1963). Grenat à magnésium et chrome, elle portait le nom du monastère de Hanle, au Cachemire, où elle fut trouvée en 1864.
dureté estimée autour de 7
densité de 3,70 à 3,85
indice de réfraction de
1,803, biréfringence nulle.
Système cubique, avec a =
11,65 Å;
isotrope
Elle contient 17,4% de Cr2O3,
le chrome remplaçant l'aluminium du pyrope dans la maille du cristal de ce
dernier.
Elle a les propriétés du
pyrope chromifère, le pyrope type contenant environ 2 à 3% de Cr2O3>3
et 5 à 8% de molécules d'uvarovite.
Très rare, c'est un
constituant important de quelques kimberlites.
Cette espèce chromifère,
distincte du pyrope, où le chrome l'emporte sur l'aluminium, de couleur rouge
tirant vers le violet, et le vert, à cause du chrome, fut trouvée dans le pipe
de kimberlite de Kao, à Liqhobong au nord-est du Lesotho et décrite en 1968 par
Péter H. Nixon et George Homung.
GOLDMANITE Ca3V2[SiO4]3
baptisée en l'honneur du
pétrographe américain Marcus L. Goldman qui travailla trente sept ans au
service géologique et étudia plus spécialement les grès d'Entrada, la
roche-mère où elle fut découverte.
L'analyse chimique donne 33,3% de CaO, 0,3% de MnO, 0,7% de MgO, 18,3% de V203, 5,4% de Fe203, 4,9% d'Al2O3, et 36,6% de SiO2.
dureté non mesurée
densité de 3,737 à 3,91
Dimension de la maille,
12,011 Å ;
isotrope ; indice de
réfraction de 1,821 à1,855 ;
biréfringence nulle ou très,
très faible.
Couleur
vert jaune à vert, vert - brun.
Très rare, on ne l'a encore
extraite que de gisements d'uranium et de vanadium de la région d'Albuquerque
aux Etats-Unis, où elle fut découverte en 1963.
Nouveau gisement en
Slovaquie, souvent associée à la pyrite.
variété « Yamatoïte »
Grenat hypothétique, dont le nom n'est pas reconnu par
la commission internationale et qui serait une goldmanite dans laquelle le
manganèse l'emporterait sur le calcium.
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Photo 36 : Goldmanite et
pyrite
Rybnícek, Pezinok, Malé Karpaty Mts, Bratislava
Region, Slovakia, 0.5 mm
SCHORLOMITE Ca3Ti2
(Fe2Si)3O4
A
cause de sa couleur noire
Il
s'agit d'une andradite, contenant 17% au moins de titane
Le titane vient en
substitution du Fe .
dureté d'environ 6,5.
densité de 3,8 ;
indice de réfraction
d'environ 1,86 à 2,01 ;
biréfringence nulle ou très
faible ;
Isotrope ;
Couleur brune tendant vers
le noir.
Ses cristaux, en rhomboèdre
ou en trapézoèdre présentent éventuellement sur leurs faces des striures
suivant plusieurs directions incompatibles avec une structure cubique normale.
provient de Pologne
(Podzamek),
d'ex-U.R.S.S. (Kovdor), des Etats-Unis.
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Photo
37: Schorlomite, Tamazeght, Maroc |
Photo 38: Kimzeyite, magnetite et baddeleyte Magnet
Cove, |
KIMZEYITE Ca3(Zr,Ti)2[(Si,Al,Fe)3O12]
nommée en l'honneur de la
famille Kimzey qui pendant des générations a facilité les travaux et les études
sur le célèbre site minier de Magnet Cove (Arkansas, U.S.A.).
L'analyse a donné 29,8% de
CaO, 29,9% de Zr02, 5% de Ti2O3, 0,5% de MgO,
0,8% de FeO, 1% de Nb2O5, 11% d'Al2O3,
13,4% de Fe203, 9,6% de SiO2.
Le titane remplace le
zirconium ; le fer (Fe3+) et l'aluminium remplace le silicium.
Dureté 7 environ
indice de réfraction de 1,94
isotrope
possède souvent une
microstructure pœcilitique c'est-à-dire contenant de nombreux petits cristaux
d'autres minéraux ; insoluble dans les acides.
Couleur brun jaune à brun
foncé.
il se présente en cristaux
combinant les faces du rhombododécaèdre et du trapézoèdre avec a = 12,46 À,
Découverte dans une
carbonatite, décrite en 1961, et Appelée « grenat-zircon » à cause de sa teneur
notable en zirconium
aussi connu dans la
schorlomite de Magnet Cove et dans la « mélanite » du Kaiserstuhl.
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Photo
39 : Tsavorite, Afghanistan Photo 40 : Tsavorite, Tsavo, Kenya
TSAVORITE Ca3Al2[SiO4]3
Nom donné en raison du site
de Tsavo au Kenya
Elle est composée de 36,50 à
40,48% de SiO2, de 34,50 à 36,60% de CaO, de 20,50 à 22,50% d'Al2O3,
avec des traces de vanadium, de chrome, de manganèse, de magnésium, de titane,
de fer, de nickel...
Des études plus poussées
permettent de dire que les composants extrêmes, miscibles entre eux et à
l'origine de la solution solide sont le grossulaire (93,5 à 97%), la
spessartite (2,9%) et le pyrope (2,4%).
densité : 3,50 à 3,64.
Son indice de réfraction
varie avec la couleur, passant de 1,732 pour les teintes les plus claires, à
1,742 pour les plus colorées ;
Un géologue
écossais, Campbell R. Bridges,
prospectait, en 1967, les montagnes de Leiatema, près de Komolo, au nord-ouest
de la Tanzanie, quand il mit à jour, dans des gneiss graphiteux, à proximité de
calcaires cristallins, des sortes de grumeaux au centre desquels scintillaient
de magnifiques grains verts entourés d'une pellicule d'altération, mélange
d'épidote et de scapolite ; il venait de découvrir les premiers grossulaires
d'une couleur verte très soutenue, de qualité gemme.
Gemmologie-Collection
Suite aux recherches
intensives entreprises, le Kilimandjaro (5 895 m) devient une nouvelle fois
source de pierres fines (on y avait découvert la tanzanite). À la fin de 1971,
cinq riches gisements sont mis à jour au Kenya, près des limites du parc de
Tsavo, le plus gros échantillon dégagé accusant 32 carats. En août 1973, c'est
le gisement de Lualenyi, dans les monts Mgama, toujours au Kenya, qui est
reconnu dans une zone métamorphisée de silicates calciques avec graphite ; ces
terrains sont datés du Précambrien.
Les bijoutiers new-yorkais
Tiffany & C°, qui finançaient les recherches, baptisèrent ce grossulaire «
tsavorite », et bien que la Société allemande de minéralogie eût préféré«
tsavolite », le premier nom s'est imposé. D'autres gîtes exploités en Tanzanie,
dans la région de Komolo, ont fourni des pierres de 10 à 15 carats qui sont
apparues à la bourse de Tucson en 1988.
Notons qu'en Australie
occidentale, la « tsavorite » a été signalée dans les Eastern Goldfields, mais
en cristaux peu colorés et trop petits pour être taillés. Sa couleur, très
vive, va du vert clair, presque incolore, au vert émeraude intense, la plus
recherchée. Ne contenant que peu d'inclusions elle est taillable sans avoir à
être retouchée.
C. R. Bridges avait trouvé
une pierre de 7 carats, qui, taillée, mesurait encore 2,17 carats ; un
collectionneur américain lui en offrit 20000 $. Mais ce prix n'est valable que
pour des pièces exceptionnelles, de 2 ou 3 carats, les autres étant moins
appréciées.
En 1990, la production fut
d'environ 1500 carats de pierres brutes, soit 375 carats de pierres
travaillées.
Le terme s'applique à différents types de grenats dans lesquels fut mis
en évidence, à l'intérieur des tétraèdres ZO4 , un taux élevé de
remplacement du silicium par de l'eau, les deux « hydrogrenats » les plus
communs se nommant « l'hydrogrossulaire » et « l'hydroandradite ».
Leur formule générale
s'écrit : X3Y2(Z04)3-m(OH)4m
D'après la nomenclature internationale, «
hydrogrossulaire » est un nom de groupe pour les grenats hydratés de la série
hibschite Ca3Al2(SiO4)3-m(OH)4m
(avec m = 0,2 à 1,5) — katoïte Ca3Al2(SiO4)3-m(OH)4m
(avec
m = l,5à 3).
« L'hydrogrossulaire » de formule 3CaO A12O3
6(H2O) est d'une grande rareté dans la nature mais c'est un
constituant fréquent des ciments alumineux hydratés (ciments blancs à prise
rapide). Il existe en fait une série continue depuis le grossulaire, la
hibschite étant un terme médian de cette série. Les « hydrogrossulaires »
naturels, rarement développés en cristaux de dimensions supérieure au
millimètre, représentent toujours, en fait, des solutions solides entre la
hibschite et « l'hydrogrossulaire ».
Le terme « hydrogrossulaire » reste applicable, en
tant que nom de groupe, désignant tous les membres de la série contenant d'une
manière appréciable (OH), mais avec un rapport SiO4/(OH)4,
non spécifié.
Ce minéral massif, dense, opaque, de couleur verte,
ressemble au jade d'où ses anciens noms de « jade du Transvaal », « grenat-jade
» (appellations interdites).
Il est moins résistant que le grossulaire et lentement
soluble dans l'acide chlorhydrique ou nitrique.
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Photo 41: Katoïte sur Azurite Photo 42: Hydrogrossulaire sur grossulaire
HIBSCHITE
Ca3Al2(SiO4)3-m (OH)4m, 0,2<m<1,5
Nom introduit par F. Cornu en 1906 pour désigner un
nouveau silicate de faible densité et qui se déshydrate au chauffage.
densité de 3,00 à 3,30
indice de réfraction de 1,675 à 1,734
parfois fluorescence en orangé (U.v. courts)
infusible.
Elle se présente sous forme d'octaèdres réguliers.
incolore, et souvent trouble
parfois légèrement biréfringente ;
Fut découvert dans une phonolite, à Marianskà Hors
(Marienberg), en Bohême.
On en a aussi récolté près d'Aubenas (Ardèche,
France).
KATOITE Ca3Al2(SiO4)3-m
(OH)4m , 1,5<m<3
Décrite en 1977 par Passaglia et Galli qui l'ont
baptisée en l'honneur d'Akira Kato, du musée des Sciences de Tokyo, membre
influent de l'Association internationale de minéralogie.
Système cubique avec a =
12,358 À.
Elle a été dégagée dans une carrière, à Campomorto,
près de Montalto-di-Castro (Viterbo, Italie), d'une phonolite intrusive mise en
place au Pliocène et recoupant des marnes argileuses.
REFERENCES
(1) Jean Christian GOUJOU, Gérard GUITARD et
Christian BERBAIN , Le Règne Minéral
n°32 :Le massif de costabonne 2464 m (Pyrénées Orientales), p12-30
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n°30:Le massif de costabonne 2464 m (Pyrénées
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profondeurs, avec les minéraux du
métamorphisme, Le Règne minéral n°36, p5-19.
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Editions Atlas
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(13) C. NICOLLET, cours de métamorphisme, Les
roches métamorphiques : témoins de
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http://www.ac-nice.fr/sorties/argens/compléments.htm
(36) APGiens les amis de la prequ’ile de Giens
http://www.apgiens.com/asso/massif%20des%20maures.htm
(37) Le pointement de péridotite à
grenat-spinelle de La croix Valmer : un cumulat d’affinité
océaniqueimpliqué dasn la subduction éohercynienne, Jacky Boulmoton,
Philippe Goncalves
et Christian Pin, site P. Goncalves
(38) Exposé de Yves Lmasson « une auréole de
métamorphisme de contact dasn les Pyrénées, Le
massif de l’Arbizon », CMS bulletin n°56
(38) Exposé de Yves Lmasson « une auréole de
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(38) Jean Christian GOUJOU, »Les conditions de
formation et de stabilité du stoïque staurotide »,
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(39) Pierre Zeisser, « Monde et
Minéraux » n°49, sept –oct 82